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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 14:46
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"FONTAINE ET LAVOIR"

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Àl'occasion des 20 Ans de "NEMAUSUS" batiments emblématique de Jean Nouvel , les artistes Jean-Pierre Loubat & Jean-marc Scanreigh se retrouvent à nouveau en duo  pour investir la galerie Showroom de pascal fancony,Avenue du Général Lecrec  30000 Nîmes  tel 06 62 70 56 48 
Leur  travail en commun  liera photographies et dessins .







JÉRÔME BAUDUIN

ENTRE REALITE VIRTUELLE ET FICTION-REALITE

Rendre compte de la complexité du réel à travers l’espace fictionnel du tableau, telle pourrait être synthétisée la problématique à l’œuvre dans les dernières toiles de Jérôme Bauduin.
Procédant du collage, de l’assemblage, confrontant une multitude de références culturelles, mixant les styles, la peinture de Jérôme Banduin ressemble au mix d’un DJ.
Elle est un espace de décomposition et de recomposition permanente, un lieu de télescopage du réel et de la fiction.

L’artiste habite le monde dans toutes ses dimensions y compris le virtuel. Toute image devient le matériau de son travail, des héros de la contre-culture, aux œuvres des maîtres anciens, en passant par l’image extraite d’un journal télévisé ou d’un magazine de mode.
Pour parler de l’époque, le peintre doit être de plain-pied dans la réalité, c’est-à-dire devant son écran d’ordinateur, dans les réseaux, comme dans l’atelier ou les couloirs du métro.
Jérôme Bauduin rend compte dans sa peinture du processus de déréalisation qui atteint une société où le filtre de l’écran s’interpose constamment entre l’homme et le monde sensible.
Loin de jouer dans ses œuvres de l’opposition de deux univers ; l’un qui serait de l’ordre de l’imaginaire, des références personnelles et des codes culturels et l’autre que constituerait le quotidien dans sa brûlante actualité, l’artiste appose les éléments les plus disparates dans un même espace pour mieux signifier la perméabilité de la frontière entre le réel et les productions de l’imaginaire. Le visage de Sarkozy se détache sur fond d’église d’Auvers-sur-oise .Trois soldats portant barbe et kalachnikov sont plongés dans un espace subaquatique.
Depuis peu, les images de la propagande chinoise des années 50 reviennent de manière récurrente dans les toiles de l’artiste.

« Alors la Chine ? » s’interrogeait Roland Barthes en 1974, à son retour d’un voyage au pays de Mao. Cette question conserve aujourd’hui toute sa pertinence. Qu’en est-il en effet de cette Chine, près de deux décennies après Tien an Men ? Du respect des droits de l’homme, de celui de l’environnement ou de la législation du travail ? Quelle éthique en Europe vis-à-vis de ce régime qui prend des allures aseptisées sur fond de croissance économique exponentielle ? L’interrogation est lancée à travers cette imagerie plus que désuète qui ne dupe aujourd’hui plus personne mais permet de mettre en perspective les représentations véhiculées par les médias : étourdissantes architectures de Shanghai ou stars d’un art contemporain chinois suscitant l’engouement des marchés .
Dans ses dernières toiles, Jérôme Bauduin joue plus que jamais du décalage entre le support et le sujet de l’œuvre. Il utilise des tissus d’ameublement petit-bourgeois, tapisserie à grosses fleurs, imprimés « jungle » ou « sport d’hiver ». Ces supports ont un impact direct sur le processus créatif. Ces images d’Epinal guident parfois le thème d’une toile ; elles jouent souvent des contrastes et des accords dissonants avec le sujet . Le rappeur KRS-ONE, symbole de la contestation prend corps sur fond de paysage enneigé avec sapin et petit chalet. L’artiste utilise également le hasard du motif pour faire apparaître un lionceau sous la table de Mao ou une girafe dans l’embrasure d’une porte de métro instillant une dose de fantastique et de surréalisme au cœur des tableaux.

Le jeu sur l’espace-temps et les échelles est également une constante du travail. La figure de Mandraque en chapeau-claque et smoking voisine avec les personnages de mangas. Le monumental et le détail se côtoient pour perturber totalement la notion d’espace et troubler la vision du spectateur.
En subvertissant les conventions narratives, en éclatant l’espace du tableau et en remettant en cause poncifs et idées reçues, l’artiste fait preuve d’une lucidité extrême, d’un engagement et d’une position critique bien nécessaires en ces temps d’uniformisation des comportements et de standardisation de la pensée

© 2007 Martine GUILLERM

Jèrôme BAUDUIN
Galerie de la Salamandre
3,Place de la Salamandre
30000Nîmes
du 27 avril au 19 mai 2007

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